L'envoyé de l'ONU et le chef de la délégation iraquienne favorables à une fin rapide de l'occupation militaire en Iraq

22 juillet 2003
Sergio Vieira de Mello

Devant le Conseil de sécurité réuni en séance publique, l'envoyé de l'ONU en Iraq et le chef de la délégation iraquienne ont l'un et l'autre appelé à une fin rapide de l'occupation militaire en Iraq et au rapide rétablissement de la souveraineté du pays.

« Il faudra définir au plus vite un calendrier visant au rétablissement le plus rapide possible de la souveraineté iraquienne », a déclaré à son tour le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq devant le Conseil de sécurité après que le Secrétaire général ait lancé le même appel ce matin.

De son côté, Adnan Pachachi, qui conduisait la délégation envoyée par le Conseil de gouvernement iraquien auprès du Conseil de sécurité, a indiqué que le but premier du Conseil était de faire en sorte que la durée de l'administration intérimaire dirigée par les Etats-Unis soit la plus courte possible, d'adopter une constitution et d'organiser des élections libres, ouvertes à tous.

Au moment où M. Pachachi s'apprêtait à prendre la parole, deux personnes se sont dressées dans la tribune accessible au public et ont manifesté leur opposition à l'occupation américaine et au Conseil de gouvernement. Elles ont été immédiatement escortées vers la sortie par le personnel de sécurité de l'ONU et ont été ultérieurement identifiées comme appartenant à une organisation non gouvernementale (ONG) basée à San Francisco, « Occupation Watch .»

Pour les Iraquiens, notre participation à cette réunion du Conseil de sécurité est une reconnaissance de la souveraineté de leur pays, a également déclaré le chef de la délégation iraquienne qui a indiqué qu'un projet de constitution mettant en place un système fédéral serait étudié par un congrès regroupant tous les groupes politiques et religieux et que l'ONU pourrait les faire bénéficier de son expérience dans le processus électoral.

Quant à M. Vieira de Mello, il a commencé par rendre hommage aux Iraquiens. « L'Iraq est autre chose qu'un ancien régime répressif. C'est autre chose qu'un Etat paria, ce n'est pas simplement la scène de conflits, de privations et d'abus. C'est un pays à l'histoire remarquable, peuplé par une population remarquable » a-t-il déclaré.

Enonçant les attentes de la population telles qu'elles lui ont été exposées au cours de ses multiples contacts avec un large éventail d'Iraquiens, il a affirmé que ceux-ci - « y compris ceux qui critiquaient l'ONU ou même lui en voulaient pour ce qu'ils avaient perçu de l'action des Nations Unies dans le passé » - avaient « de façon unanime, réclamé un rôle énergique et central pour l'organisation. »

Le Représentant spécial de l'ONU a insisté sur l'avancée que représentait la mise en place du Conseil de gouvernement pour lequel il a réclamé le soutien plein et entier de la communauté internationale. « Nous avons maintenant, a-t-il souligné, une institution qui, si elle n'est pas élue démocratiquement, peut néanmoins être considérée comme largement représentative. Et en tant que telle, sa création constitue une évolution bien venue pour la communauté internationale et les Nations Unies. Nous avons désormais une instance officielle d'interlocuteurs chevronnés et éminents dotés de la crédibilité et de l'autorité voulues avec lesquels nous pouvons avancer. »

« Notre marge de manoeuvre est limitée », a-t-il mis en garde. « La situation reste fragile. » Il avait auparavant insisté sur « l'impact potentiel de la violence » qui persiste dans le pays. « Elle érode la confiance dans la transition et ébranle la détermination des Iraquiens », a-t-il affirmé. Il a estimé toutefois « avoir de bonnes raisons d'être optimiste sur l'avenir de l'Iraq. »

Sur le rôle de l'ONU, M. Vieira de Mello a indiqué que la résolution 1483, en raison de son « manque de clarté » laissait à l'ONU une certaine « latitude » et permettait « au rôle des Nations Unies d'émerger et de se développer au fur et à mesure des développements sur le terrain. » Le rapport du Secrétaire général désigne « les domaines actuels ou potentiels dans lesquels l'ONU peut apporter son assistance », a-t-il poursuivi, ajoutant toutefois que l'exécution du mandat de l'ONU en Iraq s'apparente à « un chantier permanent. »

Insistant sur le fait qu'il ne s'agissait pas pour les Nations Unies de « remplacer l'Autorité provisoire de la coalition » pas plus que de « se substituer au rôle légitime des Iraquiens », il a indiqué que le rôle des Nations Unies étant avant tout d'appuyer ce que les Iraquiens auraient décidé, « une bonne partie de nos plans reste à écrire. »

image Retransmission de la séance du Conseil* (vidéo)

 

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