Libéria : Kofi Annan appelle les Africains de l'Ouest et les Etats-Unis à prendre une décision avant qu'il ne soit trop tard

21 juillet 2003
Kofi Annan

Depuis un mois, le Secrétaire général de l'ONU multiplie les mises en garde et appelle au déploiement d'une force internationale au Libéria. Aujourd'hui, à nouveau, il demande aux gouvernements de la CEDEAO, la communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest, ainsi qu'au gouvernement des Etats-Unis de prendre une décision avant qu'il ne soit trop tard.

Le Secrétaire général a de nouveau appelé aujourd'hui la CEDEAO (la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) à « déployer sans délai une force d'appoint qui serait chargée de restaurer le calme et la sécurité » et a exhorté les Etats-Unis à « ne ménager aucun effort pour faciliter ce déploiement et à annoncer leur propre décision concernant le déploiement de troupes américaines avant qu'il ne soit trop tard », indique une déclaration communiquée aujourd'hui par son porte-parole.

Plus tôt dans la matinée, répondant à des questions de journalistes à son arrivée au siège de l'ONU à New York, il avait lancé le même appel à l'intention de la CEDEAO et décrit le Libéria comme un pays « oscillant entre l'espoir et le désastre. »

Dans sa déclaration, le Secrétaire général a condamné la reprise des hostilités à Monrovia et prévenu que "toute tentative visant à prendre le pouvoir par la force ne serait tolérée par la communauté internationale. "

"Une telle confrontation ne peut que contribuer à détériorer davantage une situation humanitaire déjà désespérée ", ajoute-t-il avant de rappeler "à tous ceux qui pourraient commettre des violations graves des droits de l'homme ou du droit international humanitaire qu'ils seront tenus responsables de leurs actes, individuellement ou collectivement."

Sur place, le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) décrit une nouvelle détérioration de la situation à Monrovia, la capitale libérienne, sur laquelle des tirs de mortiers et d'obus se sont abattus pendant tout le week end. Les hôpitaux de la capitale sont débordés par le récent afflux de soldats et de civils blessés, et les services médicaux manquent de tout, y compris d'eau et de fournitures médicales essentielles. Les magasins de la ville sont tous fermés ainsi que les marchés locaux de Duala et de Riverside, qui sont à présent désertés.

"La situation devient désespérée", a déclaré Mohammed Siryon, membre local du personnel d'OCHA à Monrovia.

 

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