Les délais dans l'envoi de troupes au Libéria inquiètent Kofi Annan

Les délais dans l'envoi de troupes au Libéria inquiètent Kofi Annan

Kofi Annan
L'avant-garde des troupes africaines envoyées pour stabiliser la situation au Libéria ne sera probablement pas déployée avant la fin du mois, a indiqué ce matin le Secrétaire général de l'ONU qui a mis en garde contre les dangers que fait courir tout retard dans leur déploiement.

« J'avais espéré qu'il pourrait avoir lieu d'ici à la fin du mois mais le calendrier le plus récent que j'ai vu semble indiquer qu'il pourrait se produire plus tard et c'est très inquiétant dans la mesure où plus nous retardons le déploiement, plus la situation devient dangereuse », a déclaré (en anglais) ce matin Kofi Annan à des journalistes qui l'interrogeaient sur le déploiement d'une force de stabilisation au Libéria.

Le Secrétaire général a par ailleurs signalé quelques progrès « dans la mesure où toutes les parties impliquées et celles désireuses d'apporter leur appui, savaient maintenant ce qui était nécessaire. »

« Les plans actuels consistent en l'envoi d'une avant-garde de 1 000 à 1 500 éléments par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Une fois qu'elle est arrivée, le président Taylor partirait ; les Etats-Unis et d'autres renforts rejoindraient alors les troupes de la CEDEAO. A long terme, une force de maintien de la paix serait créée pour prendre la relève, selon le schéma de ce qui a été fait en Sierra Leone », a-t-il précisé.

Et si le président Taylor ne s'en va pas ? l'a interrogé un journaliste. « Je ne suis pas sûr que l'option soit sur la table », a répondu Kofi Annan. « Il en a pris l'engagement non seulement à l'égard de ses pairs en Afrique mais aussi du monde entier. Par conséquent, à ce stade, nous agissons dans la perspective de son départ. »

Sur le terrain, les pillages continuent et l'insécurité empêche l'accès des agences humanitaires à 70% du territoire. Les sept membres d'une équipe d'évaluation humanitaire sont arrivés dans la capitale, Monrovia, pour préparer le retour du personnel humanitaire international de l'ONU.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) poursuit ses distributions de vivres tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), en collaboration avec le ministère de la Santé libérien, viennent d'achever une première campagne de vaccination contre la polio à Monrovia.