Deux agences de l'ONU appellent l'univers agricole à prendre en compte le sida

30 juin 2003

L'épidémie de VIH/sida fait des ravages dans de nombreuses régions rurales des pays en développement, transformant la pénurie de vivres en crise alimentaire, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) qui présentaient aujourd'hui, au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), un rapport conjoint appelant l'univers agricole à réagir.

L'épidémie de VIH/sida fait des ravages dans de nombreuses régions rurales des pays en développement, transformant la pénurie de vivres en crise alimentaire, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) qui présentaient aujourd'hui, au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), un rapport conjoint appelant l'univers agricole à réagir.

« La majorité des pays africains les plus durement touchés par le VIH/sida sont également ceux qui dépendent fortement de l'agriculture », a expliqué le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Peter Piot. « Pour de nombreux ménages dans ces pays, le sida a transformé ce qui était une pénurie de vivres en crise alimentaire.»

Sur les 42 millions de personnes vivant avec le VIH/sida dans le monde, près de 30 millions vivent en Afrique subsaharienne, dont plus de la moitié en zone rurale. Selon la FAO, le sida a tué environ 7 millions de personnes au sein de la population active agricole depuis 1985, dans les pays d'Afrique les plus durement touchés. L'épidémie pourrait en tuer encore 16 millions d'ici 2020. La consommation alimentaire des ménages affectés par le VIH/sida affiche une baisse de 40%.

Le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a décrit la spirale enclenchée par la conjonction de la faim, de la pauvreté et du sida. «Quand des agriculteurs tombent malades ainsi que leur famille, ils cultivent moins de terre et passent à des cultures qui nécessitent moins de main-d'oeuvre, mais dont la valeur nutritive est moindre, la productivité agricole décline et la faim et la malnutrition augmentent. De nombreux enfants perdent leurs parents avant d'avoir appris à cultiver, à préparer des repas et à se débrouiller tous seuls. Des cas de malnutrition sévère chez des orphelins sont déjà signalés dans les régions les plus durement touchées», a-t-il expliqué.

Le rapport FAO/ONUSIDA, intitulé « Adressing the Impact of HIV/AIDS on Ministries of Agriculture : Focus on Eastern and Southern Africa » (en PDF), montre comment les ministères de l'agriculture, eux-même, ont été touchés par le VIH/sida. Au ministère de l'agriculture du Kenya, par exemple, au cours des cinq dernières années, le pourcentage des décès dus au sida chez l'ensemble du personnel est estimé à 58%. Et au ministère de l'agriculture et de l'irrigation du Malawi, quelque 16% de membres du personnel vivent avec la maladie.

Les deux agences ont recommandé que les budgets des ministères de l'agriculture prennent en compte les coûts directs et indirects du VIH/sida et la nécessité des mesures de riposte. Tant que cela ne sera pas le cas, est-il noté dans le rapport, « les mesures qui permettraient de contrer l'épidémie n'ont guère de chances d'être insérées dans les politiques et activités agricoles de base. »

 

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