Les discussions sur un cessez-le-feu dans l'Est de la R. D. du Congo progressent, selon la mission de l'ONU

18 juin 2003

Les négociations visant à mettre un terme à la reprise des combats au Nord- Kivu progressent, a déclaré aujourd'hui le Représentant de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) qui a appelé par ailleurs les Congolais à résister aux manipulations dont ils pourraient faire l'objet de la part d'autres pays.

"Les négociations sont en cours entre le Gouvernement, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et le Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML) sur la situation inacceptable qui prévaut dans le Nord-Kivu où l'on signale de nouveaux affrontements", a affirmé le Représentant spécial du Secrétaire général pour la RDC, Namanga Ngongi, au cours d'une conférence de presse de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC) qu'il dirige.

La MONUC a demandé aux différentes factions de décréter un cessez-le-feu, notamment dans la ville de Kanyabayonga, qui devrait être démilitarisée et servir de base mixte pour les différentes factions. Suspendue pour des questions d'organisation, les négociations reprennent aujourd'hui à Bujumbura au Burundi.

A propos des « accusations persistantes » alléguant que « le Rwanda et l'Ouganda entraveraient le processus de paix », M. Ngongi a appelé les Congolais à « résister à la tentation de travailler pour le compte des autres, en attendant tout de l'extérieur, l'arme, l'uniforme et peut-être même le salaire », selon un communiqué publié aujourd'hui par la MONUC.

Qualifiant de succès la récente visite des membres du Conseil de sécurité dans la région, il a estimé qu'elle « allait permettre de faciliter les discussions du Conseil » sur l'extension du mandat de la MONUC et l'augmentation de ses effectifs. Il a précisé que les éléments devant constituer la Force neutre chargée d'assurer la sécurité des « animateurs de la transition » étaient déjà disponibles. « Il s'agit, a-t-il indiqué, de 250 éléments de l'unité tunisienne et des 470 militaires du contingent ghanéen », les uns et les autres déjà présents à Kinshasa.

Par ailleurs, à Bunia en Ituri où la Force multilatérale intérimaire autorisée par le Conseil de sécurité est en cours de déploiement, même si « les tueries et les pillages à grande échelle » ont cessé, selon M. Ngongi, la mission de l'ONU n'en est pas moins préoccupée par l'augmentation des atteintes aux droits de l'homme.

Meurtres, viols, enlèvements perpétrés systématiquement par l'Union des patriotes congolais (UPC) ajoutent à la tension dans la ville et incitent les communautés les plus visées à aller chercher refuge dans les camps de personnes déplacées supervisés par la MONUC, a indiqué aujourd'hui à New York un porte-parole de l'ONU. De telles agressions se sont produites toutes les nuits entre le 8 et le 15 juin, selon la Mission qui signale la disparition de 50 personnes pendant cette période et précise que seulement cinq d'entre elles sont à ce jour revenues vivantes.

 

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