Le Conseil de sécurité appuie l'Afghanistan dans ses efforts pour lutter contre le trafic de drogue

17 juin 2003

Après avoir été alerté aujourd'hui par des responsables de l'ONU sur les obstacles qui s'opposent encore au rétablissement de l'état de droit et à la sécurité en Afghanistan, le Conseil de sécurité a réaffirmé son appui aux efforts en cours et réclamé un renforcement de la lutte contre la production et le trafic de drogues.

Après avoir été alerté aujourd'hui par des responsables de l'ONU sur les obstacles qui s'opposent encore au rétablissement de l'état de droit et à la sécurité en Afghanistan, le Conseil de sécurité a réaffirmé son appui aux efforts en cours et réclamé un renforcement de la lutte contre la production et le trafic de drogues.

A l'issue d'une journée de débats pendants laquelle se sont exprimés des représentants de plus de 30 pays, le Conseil a réaffirmé, dans une déclaration de son Président, son soutien à "la souveraineté, l'indépendance, l'intégrité territoriale et l'unité nationale de l'Afghanistan."

Se disant préoccupé au regard des menaces à la sécurité, il a souligné la nécessité "d'accélérer la réforme de l'ensemble du secteur de la sécurité y compris le désarmement, la démobilisation et la réintégration des anciens combattants."

Préoccupé par les informations faisant état d'une production d'opium ayant retrouvé en 2002 les niveaux élevés du passé, il a engagé la communauté internationale, à renforcer la lutte contre la production et le trafic de la drogue afghane, en collaboration avec la Mission d'assistance des Nations Unies (MANUA) et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Auparavant, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, avait souligné le lien existant entre le trafic de drogue et « la stabilité immédiate et à long terme de ce pays. »

Pour M. Guéhenno, en dépit des progrès récents, « la situation en matière de sécurité restait un frein important et constituait un risque majeur pour le processus en cours. » A l'appui de ses dires, il avait évoqué l'attaque-suicide contre un bus, le 7 juin dernier, qui a causé le décès d'un passant, de 4 militaires allemands de la Force internationale et a fait 29 blessés.

Au nombre des problèmes à résoudre, M. Guéhenno a désigné le déséquilibre de la représentation régionale et ethnique au sein du Ministère de la Défense. "Jusqu'à ce qu'il se réforme, le ministère ne bénéficiera pas de la confiance des factions", a-t-il indiqué.

"Pour certains, le processus de paix représente une menace", a déclaré M. Guéhenno qui a estimé que les solutions existaient mais qu'elles requéraient un engagement plus important de la part des autorités afghanes et la communauté internationale.

Quant au directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, qui s'exprimait sur la menace spécifique que constitue la question de la drogue afghane, il avait souligné que, si "l'opium provient bien d'Afghanistan, la globalité de la menace provenait aussi du reste du monde et tout particulier de l'Europe qui, en tant que principal marché consommateur d'héroïne afghane, doit faire encore plus d'efforts pour faire baisser la demande", a expliqué

Les trafiquants de drogue et parmi eux ce qui reste des Taliban et d'Al Quaeda, ont tout intérêt à ce que l'Etat reste faible en Afghanistan, a souligné M. Costa qui a également attiré l'attention sur le rôle de la corruption présente tout au long des routes de la drogue que scrute l'ONUCD que ce soit dans les milieux gouvernementaux ou dans le personnel des ports et aéroports. "L'ancienne Route de la soie, devenue route de la drogue, en apporte l'ample démonstration", a-t-il déclaré.

Eliminer l'économie de la drogue en Afghanistan exige des ressources politiques, financières et en termes de sécurité beaucoup plus importantes que celles disponibles actuellement pour aider les zones rurales impliquées et surtout pour aider le gouvernement à mettre en oeuvre l'interdiction de la production d'opium », a-t-il affirmé.

Le Gouvernement afghan a adopté, le mois dernier, sa première Stratégie nationale de contrôle de la drogue qui table sur une élimination en 10 ans de l'opium par des mesures de police et de développement rural.

 

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