Le chef du maintien de la paix à l'ONU demande un appui international soutenu à l'effort de paix en R. D. du Congo

Le chef du maintien de la paix à l'ONU demande un appui international soutenu à l'effort de paix en R. D. du Congo

Jean-Marie Guéhenno en RDC (archives)
De retour de Bunia, la ville du Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC)dévastée au cours de ses dernières semaines par des combats interethniques, le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU a affirmé que le comportement et la vaillance des soldats de l'ONU face à la violence de rebelles supérieurs en nombre et en armes, imposait maintenant à la communauté internationale de ne pas ménager ses efforts pour mettre fin aux atrocités commises un peu partout dans le pays.

De retour de Bunia, la ville du Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC) dévastée au cours de ses dernières semaines par des combats interethniques, le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU a affirmé que le comportement et la vaillance des soldats de l'ONU face à la violence de rebelles supérieurs en nombre et en armes, imposait maintenant à la communauté internationale de ne pas ménager ses efforts pour mettre fin aux atrocités commises un peu partout dans le pays.

Dans ce qui fut autrefois une ville active devenue l'ombre d'elle-même, et même s'ils n'ont pas pu, malgré toute leur vaillance, contrôler la situation, les soldats de l'ONU à Bunia, pour la plupart uruguayens, ont fait la différence, a affirmé le Secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, lors d'un point de presse aujourd'hui à New York.

Ils ont fait la différence pour des milliers de pauvre gens pour qui ils ont constitué le seul recours et la seule protection et ils ont fait la différence aux yeux de la communauté internationale, a argumenté Jean-Marie Guéhenno qui a loué les efforts « impressionnants » des soldats de la paix de l'ONU, pour la plupart uruguayens, présents à Bunia.

« Le fait qu'ils soient là, qu'ils aient tenu bon dans cet endroit perdu d'une région éloignée d'un très grand pays, a envoyé un message bien au-delà de l'Ituri. Il est essentiel maintenant que la communauté internationale suive ce qui se passe dans les mois à venir », a-t-il ajouté.

Pour M. Guéhenno, il est important que la communauté internationale prenne position sur ce qui se passe à Bunia et en RDC. « Le message dépasse le cadre de Bunia. S'il n'y pas d'unité nationale, si le processus politique n'avance pas, alors nous aurons des problèmes. »

« La seule annonce de la décision du Conseil de sécurité de déployer une force multinationale d'urgence à Bunia fait déjà une différence pour les gens qui vivent là-bas », a déclaré Jean-Marie Guéhenno.

Il avait auparavant rendu compte de son séjour en RDC au Conseil de Sécurité auquel il avait par ailleurs présenté le rapport du Secrétaire général sur la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC) qui recommande de porter son effectif à 10 800 et de créer un bataillon de l'Ituri.

Le Conseil de sécurité avait également entendu la Coordinatrice-adjointe de l'ONU pour les secours d'urgence, Carolyn McAskie, faire le point sur la situation humanitaire dans le pays.

Pendant ce temps, sur le terrain, l'ONU a décidé de retirer ses observateurs militaires non armés de la ville de Kanyabayongo, après avoir été informée par les autorités locales que des menaces de mort avaient été proférées à leur encontre. A Bunia, la situation demeure instable et les rapports signalant des kidnapping, des vols et des viols, quotidiens. Le nombre de corps retrouvés par la Croix Rouge locale s'élève aujourd'hui à 429.