Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone transmet au Ghana un mandat d'arrêt contre le Président du Libéria

4 juin 2003

Le Procureur du Tribunal spécial, créé conjointement par l'ONU et la Sierra Leone pour juger des crimes commis pendant la guerre civile dans ce pays, a annoncé aujourd'hui qu'il mettait en accusation le Président du Libéria, Charles Taylor, qu'il avait lancé contre lui un mandat d'arrêt international et l'avait transmis aux autorités du Ghana où Charles Taylor devait se trouver aujourd'hui.

Le Procureur du Tribunal spécial, créé conjointement par l'ONU et la Sierra Leone pour juger des crimes commis pendant la guerre civile dans ce pays, a annoncé aujourd'hui qu'il mettait en accusation le Président du Libéria, Charles Taylor, qu'il avait lancé contre lui un mandat d'arrêt international et l'avait transmis aux autorités du Ghana où Charles Taylor devait arriver aujourd'hui.

"Aujourd'hui, au nom du peuple de Sierra Leone et de la communauté internationale, j'annonce la mise en accusation de Charles Ghankay Taylor, connu aussi sous le nom de Charles Ghankay Macarthur Dapkpana Taylor", a déclaré aujourd'hui le Procureur David Crane, dans un communiqué.

Le Président du Libéria est accusé "de porter la plus grande responsabilité" dans les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et des violations graves du droit humanitaire international commis sur le territoire de la Sierra Leone depuis le 30 novembre 1996.

Le Procureur précise que la mise en accusation a été "juridiquement approuvée" le 7 mars mais gardée secrète par le Tribunal, à sa requête.

Apprenant que Charles Taylor se rendait au Ghana où il devait participer aux pourparlers de paix organisés par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Procureur indique que le Tribunal a fait parvenir un mandat aux autorités ghanéennes pour qu'elles procèdent à son arrestation. Le mandat a également été envoyé à Interpol.

"J'ai conscience que la communauté internationale a investi beaucoup d'énergie dans les pourparlers de paix, a déclaré le Procureur. Je veux qu'il soit tout à fait clair que j'ai pris ma décision de rendre publique cette mise en accusation sans avoir consulté aucun Etat. J'agis en tant que procureur indépendant et cette décision n'a d'autre fondement que la loi."

"Je veux également envoyer un message clair à toutes les factions combattantes au Libéria leur indiquant qu'elles doivent respecter le droit humanitaire international. Les commandants ont l'obligation, aux termes du droit international, d'empêcher leurs membres de violer les lois de la guerre et de commettre des crimes contre l'humanité", a-t-il également déclaré.

"Il est temps maintenant pour toutes les nations de renforcer leurs engagements en faveur de la paix et de la sécurité internationales, en conformité avec les résolutions 1315, 1470 et 1478 du Conseil de sécurité. L'Afrique de l'Ouest ne connaîtra pas de paix véritable jusqu'à ce que ceux qui sont derrière la violence, ne répondent de leurs actions. Ce bureau lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle fasse en sorte que Taylor soit traduit devant la justice", a-t-il conclu.

 

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