Le Conseil de sécurité invité à tirer les leçons du passé dans son approche des conflits en Afrique

30 mai 2003

De nombreuses voix se sont élevées aujourd'hui, lors d'une réunion publique du Conseil de sécurité, pour lui demander de faire plus et mieux pour juguler les conflits qui ravagent certaines régions d'Afrique.

« Alors que le Conseil s'apprête à partir en mission en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, le besoin se fait sentir d'appliquer les leçons tirées des expériences antérieures », a déclaré le Secrétaire général adjoint et Conseiller spécial pour l'Afrique, Ibrahim Gambari, lors d'une réunion publique du Conseil de sécurité qui se tenait aujourd'hui sur le thème « Les conflits en Afrique : missions du Conseil de sécurité et mécanismes des Nations Unies pour promouvoir la paix et la sécurité. »

M. Gambari a notamment engagé les membres du Conseil à reconnaître que « la communauté internationale n'a pas vraiment réussi, en phase d'après conflit, à consolider la paix en Afrique et peut-être ailleurs et que des efforts plus concertés doivent être faits dans ce domaine. »

« L'échec de la communauté internationale à s'engager sérieusement dans la consolidation de la paix en République centrafricaine, au Libéria et en Guinée-Bissau à la fin des opérations de maintien de la paix dans ces pays explique en grande partie que les combats y aient repris », a-t-il déclaré.

Au nombre des questions à prendre en compte de toute urgence, il a mentionné la ré-évaluation du mandat et des ressources de différentes opérations de maintien de la paix, tout particulièrement les missions au Burundi et en République démocratique du Congo (RDC).

Le déplacement du Conseil de sécurité en Afrique de l'Ouest fournira l'occasion d'évaluer la vulnérabilité de la Sierra Leone aux menaces à sa sécurité après le retrait de la Mission de maintien de la paix sur place, a indiqué M. Gambari. Ce sera également, selon lui, l'occasion de juger de la façon dont la communauté internationale pourrait utiliser l'opportunité offerte par les prochaines élections pour mettre fin au conflit au Libéria.

Après avoir rappelé que les conflits en RDC, qui durent maintenant depuis des années, auraient fait 3 millions de victimes, tout en impliquant « d'une façon ou d'une autre, l'ensemble des pays d'Afrique centrale et australe », l'ambassadeur de France, Jean-Marc de la Sablière qui conduira la mission du Conseil de sécurité en Afrique centrale en juin prochain, a estimé que, pour « frustrant » que soit ce constat, il importait de « ne pas baisser les bras, d'abord, parce que le coût humain de ce conflit est effrayant mais aussi parce que le processus de paix que nous soutenons commence à porter quelques fruits. »

« Le Conseil ne peut pas se limiter à autoriser une coalition de pays à envoyer une force multinationale à Bunia, il faut aussi qu'il redonne de l'élan au processus de paix qui a besoin d'être remis sur les rails », a-t-il déclaré ajoutant que c'était « précisément l'objectif de la mission que le Conseil va envoyer dans un peu plus d'une semaine en Afrique centrale. »

Le chef de file de la mission du Conseil en Afrique de l'Ouest, l'ambassadeur du Royaume-Uni Jeremy Greenstock, a défendu l'idée que les missions du Conseil permettaient à ses membres de mieux percevoir la réalité sur le terrain. Il a dit garder un vif souvenir de sa visite à Kananga, en RDC, où des enfants émergeaient des ruines, dans la ville dévastée, pour supplier en français les membres du Conseil de sécurité de les aider.

L'ambassadeur a par ailleurs déploré que les milices libériennes après avoir déstabilisé la Sierra Leone contribuent à la déstabilisation de la Côte d'Ivoire et a fait porter la responsabilité de l'instabilité en Afrique de l'Ouest à la politique du Président du Libéria Charles Taylor qu'il a appelé à adopter le Plan de paix global qui sera examiné la semaine prochaine au Ghana. Il a également demandé au Conseil de sécurité d'apporter un soutien politique et financier aux processus de consolidation de la paix en Côte d'Ivoire et au Libéria.

 

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