Kofi Annan appelle les dirigeants du G8 à tenir leurs engagements à l'égard du monde en développement

29 mai 2003

"Vous jouez un rôle de premier plan dans la gestion de l'économie mondiale et les décisions que vous prenez influent sur la vie de plusieurs milliards d'êtres humains qui vivent dans des pays plus déshérités que les vôtres", remarque Kofi Annan dans une adresse aux pays industrialisés du G8 réunis à Evian du 1er au 3 juin.

Le Secrétaire général se rendra à Evian pendant le week-end où il doit participer le 1er juin à une réunion informelle avec des dirigeants de pays en développement.

Dans une lettre (en anglais) adressée aux participants au Sommet qui réunit les Chefs d'Etats et de Gouvernement d'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, d'Italie, du Japon, du Royaume-Uni et de la Fédération de Russie, Kofi Annan insiste sur la nécessité de poursuivre dans la voie tracée lors des négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se sont tenues à Doha il y a 18 mois. "Vos représentants", rappelle le Secrétaire général, "ont notamment décidé de remédier aux distorsions que subit le marché des produits agricoles sous l'effet des subventions et des barrières de toutes sortes, tarifaires ou non, qui empêchent les agriculteurs du monde en développement de rivaliser à armes égales sur les marchés mondiaux".

Notant que "des rendez-vous importants ont été manqués depuis Doha", M. Annan met en garde contre les conséquences d'un nouvel échec des négociations qui doivent reprendre à Cancun en septembre. "Si la réunion échoue, l'espoir d'une multitude d'êtres humains sera réduit à néant et les pays en développement auront bien du mal à continuer à croire en l'existence d'un système commercial ouvert dans lequel les règles du jeu sont concertées et équitables", prévient-il.

Kofi Annan attire également l'attention sur les effets conjugués de la "triade meurtrière" constituée par la pandémie du sida, les pénuries alimentaires et le déficit de gouvernance. Il appelle également à apporter les ressources financières nécessaires à une meilleure gestion de l'eau dans le monde en développement, rappelant que "les dirigeants de la planète s'étaient engagés à réduire de moitié d'ici à 2015 le pourcentage de la population qui n'a pas accès à l'eau potable".

Seule "nouvelle encourageante", note le Secrétaire général, "l'année dernière s'est arrêté le long déclin de l'aide publique", qui est passée à 57 milliards de dollars en 2002 de 52,3 milliards en 2001.

Mais, ajoute-t-il "en supposant même que toutes les contributions annoncées à Monterey soient effectivement versées, nous serons encore loin d'avoir réuni les 100 milliards de dollars par an nécessaires pour atteindre les objectifs de développement fixés il y a trois ans dans la Déclaration du millénaire".

 

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