Décision possible vendredi sur l'envoi d'une Force multilatérale en République démocratique du Congo

28 mai 2003

Le Conseil de sécurité devrait se prononcer dès vendredi sur l'envoi d'une force multilatérale à Bunia en République démocratique du Congo (RDC) où les combats entre milices rivales ont fait des centaines de morts ces dernières semaines.

A l'issue des consultations à huis clos tenues par le Conseil de sécurité ce matin sur la situation en République démocratique du Congo, le Président du Conseil de sécurité, Munir Akram, a indiqué, dans une déclaration à la presse, qu'un projet de résolution autorisant l'envoi d'une force multinationale à Bunia avait été soumis aux membres du Conseil et qu'il rencontré un soutien unanime.

Le Conseil a condamné les violences récentes et les atrocités qui ont été commises en RDC et tout particulièrement le meurtre sauvage des deux observateurs militaires de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC) ainsi que le pillage de matériel humanitaire et médical, a également déclaré M. Akram.

« Le projet de résolution sera adopté aussitôt que les conditions seraient remplies », indique le Président du Conseil dans sa déclaration. Il a toutefois précisé, en réponse aux questions de journalistes, que la décision pourrait être prise dès vendredi. « Le plus tôt sera le mieux est le sentiment qui prévaut parmi les membres du Conseil », a-t-il ajouté.

Pour l'ambassadeur de France, pays qui dirigerait cette force, la situation à Bunia est « critique et nécessite une action rapide. » Répondant à la presse, Jean-Marc de la Sablière a expliqué que la France avait mis des conditions à son engagement dans cette opération et que celles-ci étaient sur le point d'être remplies.

Une de ces conditions consistait à obtenir l'accord de la RDC mais aussi des pays de la région. M. de la Sablière a indiqué que le Conseil avait appris que Kinshasa et Kampala avaient donné leur accord par lettres adressées au Secrétaire général et que la lettre du Président du Rwanda venait également d'arriver. « Nous attendons confirmation de cela », a déclaré l'ambassadeur.

La France demandait également que l'envoi de la Force multinationale soit autorisé par le Conseil au titre du chapitre 7 de la Charte de l'ONU (autorisant le recours à la force en cas d'agression), que son mandat soit précis et accordé pour une période déterminée. La Force aurait par conséquent la tâche de maintenir la sécurité à Bunia et de protéger l'aéroport et les camps de réfugiés qui s'y trouvent. Elle se retirera le 1er septembre, date à laquelle l'arrivée d'un contingent du Bangladesh est prévue.

« C'est une date impérative, a affirmé M. de la Sablière, la Force quittera la RDC à ce moment-là ».

Il a enfin indiqué qu'une conférence des contributeurs de troupes devait se tenir vendredi et que de nombreux pays dont des pays africains, avaient promis leur concours.

 

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