Conseil de sécurité : ne pas oublier les 40 millions d'Africains menacés par la famine

Conseil de sécurité : ne pas oublier les 40 millions d'Africains menacés par la famine

M. James T. Morris
Le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) a demandé au Conseil de sécurité de ne pas laisser le conflit en Iraq détourner l'attention internationale des 40 millions d'Africains menacés par la famine.

Le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) a demandé au Conseil de sécurité de ne pas laisser le conflit en Iraq détourner l'attention internationale des 40 millions d'Africains menacés par la famine.

"L'aide humanitaire résulte d'un choix politique", a déclaré James Morris, le chef du PAM, la principale agence de l'ONU en matière d'aide alimentaire, lors d'une séance du Conseil de sécurité d'aujourd'hui consacrée à la crise alimentaire en Afrique. "Chacun d'entre vous peut faire tellement pour attirer l'attention et les ressources en faveur de la crise alimentaire dans laquelle est plongée l'Afrique subsaharienne."

"Alors que l'Iraq vient de se voir doter d'une aide de 1,3 milliard de dollars pour les six prochains mois et qu'une famille iraquienne moyenne dispose encore d'un mois de ressources alimentaires, je peux vous assurer que ces millions d'Africains, pour la plupart des femmes et des enfants, se considèreraient comme immensément privilégiés s'ils se trouvaient à la tête d'un mois de nourriture", a-t-il ajouté.

Le PAM nourrit 1,8 million de réfugiés et de personnes déplacées en Afrique, a précisé son directeur qui a particulièrement insisté sur l'urgence alimentaire dans laquelle se trouvaient 1,2 millions de réfugiés supplémentaires sur le continent. Certains d'entre eux, a-t-il précisé, ne recevaient que la moitié de leur ration alimentaire mensuelle et les donateurs ne s'étaient pas massivement manifestés. Comment peut-on accepter un niveau de souffrance et de désespoir qui serait inacceptable partout ailleurs dans le monde ? s'est-il demandé.

Le chef du PAM a suggéré par ailleurs l'adoption de mesures nationales et internationales, qui soutenues par un plus engagement plus prononcé des donateurs pourrait contrbiuer au redressement de la situation.