Kofi Annan dément que la Mission de l'ONU ait commis des “irrégularités” lors de la consultation de 1999 au Timor oriental

15 août 2002

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a formellement démenti les allégations d'irrégularités commises par la Mission de l'ONU au Timor oriental durant le processus de consultation populaire d'août 1999, sur l'avenir de ce territoire. Ces prétendues “irrégularités” ont été mentionnées durant un procès pour crimes contre l'humanité qui se déroulait dans un Tribunal ad hoc sur les droits de l'homme à Djakarta, en Indonésie.

Dans une déclaration rendue publique tard hier soir par un porte-parole de l'ONU à New York, M. Annan réfute que les violences de septembre et octobre 1999, suivant l'annonce des résultats de la consultation populaire au Timor oriental, puissent être attribuées à des irrégularités dans le scrutin, ni à un "parti-pris" ou à une "abdication des responsabilités sécuritaires" de la part de la Mission de l'ONU.

Dans son message, M. Annan souligne que les autorités indonésiennes étaient responsables de la sécurité durant tout le processus de consultation populaire, et non la Mission de l'ONU. Le secrétaire général rappelle en outre que la Commission électorale indépendante a certifié les résultats de la consultation populaire et ce, après avoir examiné minutieusement toutes les plaintes et avoir compté tous les votes exprimés, sans exception.

Le secrétaire général a aussi souscrit aux commentaires du Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Mary Robinson.

Après que les accusés, bien que jugés coupables, aient été condamnés à trois ans de prison, une peine bien inférieure à la peine minimale de dix ans prévue par la loi, Mme Robinson a exprimé hier les préoccupations de l'ONU dans un communiqué. Elle a déploré que le ministère public n'ait pas présenté au tribunal la preuve que les tueries et les autres violations des droits de l'homme commises en 1999 dans le Timor oriental faisaient partie intégrante d'une politique répandue et systématique de violence.

Mme Robinson se disait également préoccupée par le fait que le ministère public n'avait présenté au Tribunal qu'un nombre très limité de témoignages et de preuves disponibles fournis par des victimes et témoins oculaires. “Les quelques témoins est-timorais qui se sont rendus à Djakarta pour apporter leurs preuves se sont d'ailleurs plaints d'actes d'intimidation au sein et en dehors du Tribunal”, indiquait Mme Robinson.

Au nom de l'ONU, le Haut Commissaire pour les droits de l'homme a lancé un appel pressant aux autorités indonésiennes "pour qu'elles prennent, de manière urgente, toutes les mesures à leur disposition afin d'assurer une enquête complète des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire perpétrées au Timor oriental pendant la période qui a suivi le referendum d'août 1999 et pour que le Tribunal spécial pour les droits de l'homme fonctionne dans le plein respect des normes internationales des droits de l'homme".

Dans un développement séparé, Mme Robinson a annoncé aujourd'hui qu'elle entreprendrait la semaine prochaine une visite en Chine, au Cambodge et au Timor oriental.

 

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