17 septembre 2018

La nouvelle Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, María Fernanda Espinosa, ancienne Ministre des affaires étrangères de l’Equateur, explique dans un entretien à ONU Info comment elle voit son mandat d’un an qui débute ce lundi, promettant en particulier de tout faire pour renforcer le multilatéralisme.

« Je pense que nous vivons vraiment dans un environnement très perturbé, et je pense qu’il est important que nous travaillions réellement au renforcement du système multilatéral et à la revitalisation de l’ONU, que nous travaillions dur pour améliorer la situation », déclare Mme Espinosa lors de cet entretien.

Selon elle, il faut « oser » faire mieux et améliorer la façon dont les pays travaillent ensemble. Quatre mots vont résumer son action à la tête de l’Assemblée générale : exécution, responsabilité, pertinence et efficacité, soit l’acronyme DARE (delivery, accountability, relevance, efficiency) qui signifie ‘oser’ en anglais.

« Cet acronyme DARE va guider mon travail en tant que Présidente de l’Assemblée générale lors de la prochaine session », promet Mme Espinosa. « Cela veut dire revitaliser et renforcer le multilatéralisme, revitaliser l’Assemblée générale, revitaliser le système des Nations Unies. Nous avons tous besoin et nous bénéficierons tous d'un système international solide fondé sur des règles ».

La nouvelle Présidente de l’Assemblée générale a défini sept priorités. « Pourquoi sept? Parce que nous devons être opérationnels sept jours par semaine. Nous devons travailler pour les démunis, pour les pauvres, pour les réfugiés, sept jours par semaine. Le changement climatique ne s'arrête pas le vendredi », dit-elle. Ces priorités sont : la parité entre les sexes ; les migrations et les réfugiés ; l’environnement, dont l’interdiction des matières plastiques ; les droits des personnes handicapées ; la paix et la sécurité, avec l’accent mis sur la prévention et le rôle de la jeunesse ; la revitalisation des Nations Unies ; et le travail décent et la croissance économique.

 

S’agissant du rôle du Président de l’Assemblée générale, Mme Espinosa estime que ce rôle a évolué. « Apparemment, dans les années 80 et 90, c’était plutôt une position protocolaire. Un président venait à New York et présidait les travaux pendant la période de la session de l’Assemblée générale, de septembre à décembre. Mais maintenant c'est une position politique de grande responsabilité. Il s’agit de diriger réellement les travaux de l'Assemblée générale pendant toute l'année », souligne-t-elle.

Quant au fait qu’elle soit la première femme latino-américaine occupant ce poste, elle déclare que c’est à la fois un honneur et un défi. « Parce que nous, les femmes, lorsque nous occupons des postes de pouvoir ou des postes à responsabilités élevées, nous devons travailler deux fois plus. Nous devons le faire doublement, car les attentes sont plus élevées. Et je pense que dans un monde encore dominé par les hommes, il s’agit d’un défi de taille, car il faut prouver au monde que vous en êtes capable et que vous pouvez le faire », dit-elle.

Maria Fernanda Espinosa est la quatrième femme élue au poste de Président de l’Assemblée générale depuis la création des Nations Unies, il y a 73 ans. Elle l’a emporté face à Mary Elizabeth Flores Flake, Représentante permanente du Honduras auprès des Nations Unies. Elle succède au Président de la 72e session de l’Assemblée générale, le Slovaque Miroslav Lajčák.

Au moment de son élection en juin 2018, Mme Espinosa avait dédié cette élection « à toutes les femmes du monde qui participent aujourd’hui à la vie politique et qui sont confrontées à des attaques politiques et médiatiques marquées par le machisme et la discrimination » et « aux femmes qui luttent tous les jours pour accéder à un emploi sur un pied d’égalité, aux femmes et aux filles victimes de violence, aux filles et aux adolescentes qui réclament un accès à une information et à une éducation de qualité ».

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