Responsabilité de protéger : le plaidoyer d’Adama Dieng

29 juin 2018

Cette semaine, l’invité d’Escale est Adama Dieng, le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention du génocide. Le juriste sénégalais revient sur l’examen par l’Assemblée générale, le lundi 25 juin 2018, de la mise en œuvre de la responsabilité de protéger et les défis restants pour parvenir à une ratification de la Convention sur la prévention et la répression du génocide d’ici son 70ème anniversaire, l’an prochain.

A l’occasion de ce débat de l’Assemblée générale, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait appelé à une ratification universelle rappelant qu’aujourd’hui « 45 Etats membres n’ont pas encore ratifié la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Selon lui, une telle ratification universelle, dans un an, enverrait un signal de résolution bienvenu.

L’examen par l’Assemblée générale de la question de la responsabilité de protéger était le premier du genre depuis 2009.

De manière générale, le Secrétaire général a encouragé les États membres à ratifier et mettre en œuvre les instruments du droit international liés à la responsabilité de protéger.

Le chef de l’ONU a rappelé que la communauté internationale avait la responsabilité d’aider les États à l’accomplissement de cette tâche. Il a assuré que les Nations Unies continueraient d’aider les États membres, en particulier les États qui sont fragiles, à renforcer leurs institutions, défendre les droits de l’homme et renforcer la cohésion de la société.

António Guterres avait toutefois tenu à dissiper les idées fausses et la méfiance concernant le concept de la responsabilité de protéger. « Ce concept ne crée pas un nouveau mécanisme d’intervention ou de coercition », a-t-il affirmé, ajoutant que la responsabilité première de la protection des personnes incombe aux États.

De son côté le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, avait estimé pour sa part que la prévention était au coeur du concept de la responsabilité de protéger.

Il a rappelé toutefois que la prévention demandait beaucoup de travail. « Cela ne fait pas toujours la Une des journaux. Cela a souvent lieu dans les coulisses, sur une longue durée. Et cela demande un investissement réel, en termes de temps et d'argent », a-t-il noté.

« Mais cela en vaut la peine », a-t-il ajouté. « La prévention peut sauver les gens de l'expérience des atrocités. Et, de manière plus pragmatique, cela peut économiser de l'argent ».

Il a pris l’exemple du Rwanda, où un génocide a eu lieu en 1994. Selon une récente étude des Nations Unies et de la Banque mondiale, chaque dollar investi dans ce pays pour prévenir le retour de la violence a permis d’économiser 16 dollars au cours des deux dernières décennies.

Crédit audio:
Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide. _ Interview, production et présentation : Jérôme Longué _ Ingénieur du son : Carlos Macias
Durée audio:
14'45"