Les enfants rohingyas au Myanmar sont vulnérables et vivent dans des "conditions épouvantables", selon l’UNICEF

9 janvier 2018

Près de 60 000 enfants rohingyas demeurent « presque oubliés », pris au piège dans des camps sordides dans Rakhine central, au Myanmar, alors que le monde porte son regard sur les 655 000 réfugiés qui ont fui au Bangladesh, a affirmé ce mardi la porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

De retour d’une mission d’un mois dans la région, Marixie Mercado a déploré le manque d’accès des humanitaires aux populations Rohingya sur place, soulignant qu’il était difficile d’estimer leurs besoins.

La porte-parole a toutefois signalé qu’au moins 4.800 enfants qui souffraient de malnutrition aiguë sévère et recevaient une aide alimentaire essentielle, n’avaient plus accès a cette assistance vitale car les 12 cliniques que la dispensaient sont désormais fermées.

La porte-parole a décrit les conditions épouvantables dans lesquelles vivent les enfants dans les camps du centre de Rakhine, notamment à Nget CHaung 1 et 2, auxquels on ne peut accéder que par bateau.

«La première chose que vous remarquez lorsque vous atteignez les camps c’est une puanteur qui vous tourne l'estomac. Certaines parties des camps sont littéralement des égouts. Les abris ''titubent'' sur des échasses au-dessus des ordures et des excréments », a-t-elle témoigné.

« Dans un camp, l'étang d'où les gens tirent l'eau pour boire est séparé des eaux usées par un mur de boue qui est très bas. Vous pouvez facilement voir comment un peu de pluie pourrait ramener cette la saleté dans l'étang » a expliqué la porte-parole.

« Les enfants marchent pieds nus dans cette boue. Un responsable de camp a signalé quatre  décès d’enfants âgés de 3 à 10 ans au cours des 18 premiers jours de décembre. Sa seule requête était la mise en place de bonnes voies pour ne pas avoir à traverser leurs propres déchets ».

L'UNCIEF appelle les pays et organisations regionals à user de leur influence pour améliorer la situation des enfants Rohingyas au Myanmar.

Le Fonds se tient prêt à travailler avec le gouvernement du Myanmar et les autorités de l'Etat de Rakhine, à fournir des secours humanitaires à tous les enfants, quels que soient l'origine ethnique, la religion ou le statut, tout en soulignant qu'avoir un accès illimité est essentiel.

(Extrait sonore : Marixie Mercado, porte-parole de l’UNICEF)

 

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