Yémen : l’ONU attristée par les récentes noyades d’une trentaine de réfugiés au large des côtes d’Aden

26 janvier 2018

L’Agence de l’ONU pour les migrations (OIM) et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés se sont dites attristées par les noyades d’au moins une trentaine de réfugiés et migrants au large des côtes d’Aden, au Yémen. Et selon les Nations Unies, ces événements de cette semaine démontrent encore une fois la cruauté délibérée et le mépris flagrant pour la vie humaine de la part des passeurs.

Au moins 30 réfugiés et migrants africains ont été sont noyés au large des côtes du Yémen cette semaine dans un bateau en direction de Djibouti. Selon l’OIM et le HCR, les survivants de l’incident ont signalé au personnel de l’ONU qu’un bateau bondé d’au moins 152 Somaliens et Éthiopiens avait quitté les côtes d’Al Buraiqa à Aden le 23 janvier en direction de Djibouti, via le Golfe d’Aden. L’embarcation aurait chaviré et certaines informations font état de coups de feu utilisés contre les passagers. Parmi les passagers à bord, il y avait 101 Ethiopiens et 51 Somaliens.

Le navire aurait été exploité par des trafiquants qui tentaient d’emmener des réfugiés et des migrants à Djibouti, tout en essayant de leur extorquer plus d’argent. Les agences onusiennes et leurs partenaires travaillent désormais avec la Garde côtière yéménite pour tenter de mieux comprendre les circonstances de cet incident. En attendant, les équipes de patrouilles de l’OIM ont fourni une assistance d’urgence aux survivants, notamment une assistance médicale, de la nourriture, de l’eau et des services de soutien psychosocial.

Après ce nouveau drame au large des côtes yéménites, le HCR indique avoir déjà prévenu à plusieurs reprises des risques liés aux traversées périlleuses en bateau vers le Yémen. En effet, le conflit prolongé et l’insécurité y ont favorisé la traite d’êtres humains par des réseaux criminels ciblant et exploitant les personnes fuyant la persécution ou la pauvreté. « L’OIM et le HCR avertissent depuis longtemps qu’un conflit prolongé et l’insécurité au Yémen exposent les réfugiés et les migrants vulnérables à un risque accru de violations des droits de l’homme, notamment d’arrestations arbitraires, de détention, de trafic et de déportation », a ainsi fait remarquer William Spindler, le porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce vendredi à Genève. « Comme nous le disons depuis près de cinq ans maintenant, la préservation des vies humaines est notre priorité absolue », a déclaré de son côté le Directeur de l’OIM depuis Davos, en Suisse. « Le Yémen ne faisait pas exception et nous sommes profondément troublés par les informations relatives à ce dernier incident », a ainsi réagi William Lacy Swing cité dans ce communiqué conjoint de l’OIM et du HCR.

Malgré le conflit en cours au Yémen, ce pays demeure une destination et un pays de transit pour de nombreux réfugiés qui fuient la Corne de l’Afrique et pour des milliers de migrants qui cherchent à traverser le pays en quête de sources de revenus. Plus de 87.000 migrants et réfugiés ont ainsi risqué leur vie en haute mer en 2017, cherchant à rejoindre le Yémen depuis la Corne de l’Afrique par bateau, malgré les conflits et la détérioration rapide des conditions humanitaires.

Pourtant face à cette situation, le HCR avait lancé l’année dernière, une campagne régionale de sensibilisation intitulée « Dangerous Crossings » pour sensibiliser dans les pays d’origine sur les dangers de la traversée du golfe d’Aden et de la mer Rouge depuis l’Afrique vers le Yémen déchiré par la guerre. Cette campagne met en évidence les conditions effroyables et les risques croissants au Yémen.

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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