Nigeria : inquiétude croissante pour les femmes et les enfants fuyant le Cameroun

19 janvier 2018

Le nombre de personnes qui fuient les régions anglophones du Cameroun vers le Nigéria augmente de jour en jour. C’est dans ce contexte que l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est vivement préoccupé par la sécurité et le bien-être des femmes et des enfants parmi elles.

Les femmes et les enfants représentent environ 80 % parmi environ 10.000 réfugiés qui ont déjà été enregistrés dans l’État de Cross River, au Nigéria. Ces personnes ont fui des opérations de sécurité actuellement en cours dans les régions anglophones du Cameroun. Beaucoup d’autres comptent parmi les milliers de camerounais non enregistrés, dans les États de Benue, Taraba et Akwa Ibom. Des enfants - garçons et filles - ont fui seuls vers le Nigéria.

Dans l’État de Cross River, le HCR et ses partenaires ont enregistré des dizaines d’enfants non accompagnés et séparés de leur famille. Ils sont particulièrement affectés par les effets du déplacement : les difficultés d’accès à la nourriture et le manque de moyens de subsistance.

De l’autre côté de la frontière, il a été signalé au personnel du HCR que des enfants doivent travailler ou mendier, pour survivre ou pour aider leurs familles. « Cela affecte leur scolarisation, car ils manquent à la fois de temps et d’argent », a ainsi fait remarquer le porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce vendredi à Genève. Bien que l’école au Nigéria soit gratuite, il faut toutefois ajouter des dépenses liées, par exemple, au matériel scolaire. Selon William Spindler, le HCR travaille avec les autorités nigérianes pour aider à la réunification des enfants séparés avec leurs familles, pour fournir aux enfants non accompagnés des prestations ciblées en matière de protection et pour rétablir le droit fondamental de tous les enfants à l’éducation. Certains enfants arrivant au Nigéria ont signalé au HCR qu’ils n’avaient pas été scolarisés au Cameroun pendant toute l’année scolaire 2016-17.

Pour les femmes, le manque de travail associé à des structures d’accueil surchargées augmente le risque de violence sexuelle et sexiste, et particulièrement le recours à la prostitution de survie. Mais selon William Spindler, seul un nombre limité de ces cas a toutefois été enregistré, principalement dans la communauté d’Amana de l’État de Cross River. Cependant, le HCR s’inquiète du fait que de nombreux autres cas sont passés sous silence ou ne sont signalés qu’aux responsables communautaires. Des cas de violence domestique, ainsi que de grossesses précoces concernant des jeunes filles de 14 ans à peine, ont également été signalés dans l’État de Cross River.

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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