Genève : les pourparlers sur la Syrie se poursuivent et l’ONU appelle à de "réels progrès"

30 novembre 2017

Les pourparlers de paix sur la Syrie se sont poursuivis ce jeudi à Genève avec des discussions de proximité du médiateur de l’ONU avec les délégations du gouvernement et celle de l’opposition. Pour ce huitième cycle, les services de Staffan de Mistura jugent que le « moment est venu » de faire de « réels progrès » sur ce « processus politique dans l’intérêt du peuple syrien ».

Les Syriens sont à pied d’œuvre à Genève. Dans ce ballet diplomatique, l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a entamé la journée avec des discussions bilatérales de proximité avec l’opposition et Damas. La nouveauté réside dans le fait que les deux délégations aux pourparlers sur la Syrie à Genève ont été cette fois reçues en même temps, mais à quelques mètres l’une de l’autre. La délégation gouvernementale dirigée par l’Ambassadeur à New York, Dr Bachar Jaafari, et celle de l’opposition de la Commission syrienne des négociations (avec à sa tête le cardiologue Nasr Hariri) ont discuté ce jeudi au Palais des nations avec l’émissaire de l’ONU dans deux salles seulement séparées de quelques mètres. Lors de ces discussions de proximité, Staffan de Mistura doit ainsi faire la navette entre ces deux pièces.

Dans tous les cas, pour les Nations Unies, « le moment est venu de faire de réels progrès en ce qui concerne le processus politique, dans l’intérêt du peuple ». « Alors que ce 8e cycle de pourparlers intersyriens a maintenant commencé », l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé hier les différentes parties à s’abstenir de faire des déclarations visant à « délégitimer » les autres parties. Une façon pour le diplomate italo-suédois de souligner qu’il n’appréciait guère « les déclarations malvenues faites ces derniers jours » devant les caméras.

Il faut juste rappeler que ces pourparlers doivent mettre l’accent sur la rédaction d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU. M. de Mistura a ensuite annoncé que les discussions pourraient se prolonger la semaine prochaine « avec peut-être une pause autour du week-end ».

L’urgence humanitaire dans La Ghouta orientale

Ces pourparlers interviennent alors que la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, région rebelle assiégée en périphérie de Damas, est dramatique. La situation dans cette zone a été d’ailleurs au menu de la réunion qu’a tenu ce jeudi au Palais le Bureau de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie dans le cadre de ses consultations avec le Groupe de travail sur l’accès humanitaire créé par le Groupe de soutien international à la Syrie. A l’issue de cette séance, le Conseiller spécial de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a témoigné de la « frustration des organisations humanitaires en raison des difficultés d’accès dans certaines provinces syriennes ». « Les organisations humanitaires sont frustrées par les restrictions imposées à la fourniture de l’aide, comme c’est le cas présentement dans la Ghouta orientale.

« Les combats ont pris fin cette année à Homs, Alep, Raqqa, ils pourraient prendre fin dans la région de Deir Ezzor, et elles se sont déplacées dans la Ghouta orientale, désormais dans l’œil de l’ouragan », a déclaré Jan Egeland, lors d’un point de presse à Genève. Selon M. Jan Egeland, cette région proche de la capitale syrienne est actuellement dans « l’œil du cyclone » alors que plus de 400.000 personnes vivent dans ces localités assiégées dans la Ghouta orientale. « Cette région est actuellement l’épicentre du conflit et est passée désormais au stade d’urgence humanitaire », a mis en garde le Conseiller spécial de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie. « Les enfants souffrent de malnutrition sévère. C’est une urgence humanitaire », a-t-il dénoncé.

M. Egeland a d’ailleurs appelé les puissances mondiales à aider à organiser l’évacuation de 500 personnes, dont 167 enfants, dans cette banlieue assiégée de Damas. « Pas un seul n’a pu être évacué au cours des deux derniers mois. Pas un seul », a-t-il ajouté, précisant que neuf étaient décédés. S’ils ne sont pas rapidement évacués, « beaucoup d’entre eux vont mourir, et nous n’avons toujours pas reçu de feu vert. Nous sommes convaincus que nous pouvons procéder aux évacuations si nous recevons le feu vert du gouvernement », a-t-il assuré, précisant que les hôpitaux se tenaient prêts à recevoir les malades.

De façon générale, Jan Egeland a insisté sur le fait que la moitié des habitants du pays seraient déracinés, avec 1,8 million de personnes déplacées depuis le début de l’année dont 440.000 au mois d’octobre dernier seulement. « Actuellement, près de 7.000 personnes sont contraintes quotidiennement au déplacement », a conclu Jan Egeland.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

 

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