Elimination de la violence à l’égard des femmes : pour le chef de l’ONU, « il reste encore beaucoup à faire »

22 novembre 2017

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné mercredi que l'éradication de la violence faite aux femmes et aux filles exige une volonté politique forte, des ressources accrues et une action coordonnée.

« Chaque femme et chaque fille a le droit à une vie sans violence. Pourtant, cette rupture des droits de l'homme se produit de diverses manières dans chaque communauté », a déclaré M. Guterres dans un discours prononcé à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes commémorée chaque 25 novembre.

Pour le Secrétaire général, les violences faites aux femmes sont une réalité quotidienne pour beaucoup de femmes et de filles à travers le monde et ne connaissent pas de frontières. Malgré les tentatives de les dissimuler, ces violences sévissent aussi bien dans les pays développés que ceux en développement. « Cela affecte particulièrement celles qui sont les plus marginalisées et les plus vulnérables », a-t-il déploré.

Selon ONU Femmes - l'entité des Nations Unies consacrée à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes – plus d'une femme ou une fille sur trois est victime de violence au cours de sa vie, 750 millions de femmes ont été mariées avant l'âge de 18 ans, et plus de 250 millions ont subi des mutilations génitales féminines.

« Cette violence, signe le plus visible du patriarcat et du chauvinisme omniprésents, a un impact direct sur la santé physique et psychologique des femmes », a dit M. Guterres, soulignant qu'elle affecte des familles entières, des communautés et des sociétés.

La violence contre les femmes est de plus en plus reconnue comme un obstacle majeur à la réalisation des droits humains et un défi direct à l'intégration et à la participation des femmes au développement durable et à la paix.

« Les militantes des droits des femmes sont ciblées à des niveaux alarmants. Et la violence contre les femmes politiques entrave le progrès des droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels des femmes », a déploré le Secrétaire général. « Les femmes qui se présentent aux élections sont plus susceptibles que les hommes de faire face à la violence. Les femmes défenseures des droits humains sont plus à risque et la violence sexuelle horrifiante dans les conflits ne montre aucun signe de ralentissement », a-t-il ajouté.

Pas de développement durable sans éradication de la violence faite aux femmes

Le Secrétaire général a rappelé que les Objectifs de développement durable (ODD) ne pourront être réalisés sans l'éradication de la violence faite aux femmes. A cet égard, il a souligné la détermination des Nations Unies à lutter contre la violence à l'égard des femmes sous toutes ses formes.

Le chef de l'ONU a ainsi rappelé que le Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies pour mettre fin à la violence contre les femmes a contribué à hauteur de 129 millions de dollars à 463 initiatives dans 139 pays et territoires. A travers l'initiative « Spotlight », les Nations Unies et l'Union européenne renforcent les efforts des gouvernements et de la société civile pour éliminer toutes les formes de violence contre les femmes. Par ailleurs, l'Initiative mondiale des Nations Unies pour des villes sûres et des espaces publics sûrs vise elle à mettre fin au harcèlement sexuel et à d'autres formes de violence sexuelle dans les espaces publics.

« Ces initiatives devraient nous aider à apporter des changements transformateurs. Mais il reste encore beaucoup à faire », a reconnu M. Guterres. « La violence contre les femmes est fondamentalement une question de pouvoir. Cela ne prendra fin que lorsque l'égalité des sexes et l'autonomisation complète des femmes seront une réalité ».

Des efforts menés au sein de l'ONU

Pour le Secrétaire général, l'émergence récente de rapports détaillant le harcèlement sexuel sur le lieu de travail de la part de nombreuses organisations et institutions dans le monde montre à quel point cette forme de violence sexuelle est omniprésente, y compris à l'ONU. « J'ai insisté sur une politique de tolérance zéro vis-à-vis du harcèlement sexuel aux Nations Unies », a-t-il précisé.

M. Guterres a indiqué que sa politique en matière de parité hommes-femmes à l'ONU est un pas en avant vers la réalisation de cet objectif, « afin que nous puissions accéder au potentiel de tout le personnel et en tirer parti ».

Plus tôt cette année, le Secrétaire général a lancé une nouvelle stratégie pour lutter contre l'exploitation et les abus sexuels commis par ceux qui servent dans le cadre de l'ONU. A travers cette nouvelle approche centrée sur les victimes, M. Guterres s'est dit déterminé à prévenir et à mettre fin à ces crimes « qui causent des dommages durables à la population et à l'Organisation elle-même ».

« Plus généralement, j'espère que nous assistons actuellement à une dynamique sans précédent en faveur de l'autonomisation des femmes et de la réalisation de l'égalité des sexes à tous les niveaux et dans le monde », a déclaré le chef de l'ONU. « Il est temps pour nous tous d'agir ensemble, afin que les femmes et les filles du monde entier puissent vivre à l'abri de toute forme de violence ».

(Extrait sonore : António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies)

 

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